Mot de passe oublié

Accueil » Actualités » 2026 : du bon pour les sages-femmes, kinés, diététiciens, infirmiers… mais des inquiétudes !

2026 : du bon pour les sages-femmes, kinés, diététiciens, infirmiers… mais des inquiétudes !

En cette fin 2025, l’actualité législative et juridique a été riche pour les soignants libéraux. Ainsi, certaines mesures de la Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2026 vont faire évoluer des pratiques. Le nouveau décret infirmier entrouvre certaines portes. Mais un autre arrêté, visant les pharmaciens, inquiète. Zoom sur les changements en 2026 pour les soignants libéraux !

Généralement, il ne se passe pas grand-chose les jours de réveillon en termes législatif et réglementaire. Mais en 2025, ce fut bien le contraire ! Ainsi sont parus :

Or, ces trois textes engendreront certainement de forts changements en 2026 pour les soignants libéraux.

Du bon pour les sages-femmes, kinés, diététiciens…

Ainsi, en est-il d’abord, de 7 des 114 articles de la Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2026. Votée avec les difficultés que l’on connaît, la LFSS 2026 pourrait apporter quelques nouveautés pour certains soignants libéraux :

  • kinés et diététiciennes : mise en place de nouveaux parcours de prévention à destination des patients souffrant d’une pathologie chronique à risque d’évolution vers une ALD (environ 25 millions de personnes en 2023). Pour ces patients, l’Assurance Maladie prendra en charge un nouveau panier de soins de prévention. Ce dernier accueillera notamment un accompagnement à l’activité physique et un suivi diététique. La liste des pathologies concernées et les critères d’accès à ce panier de soins seront déterminés après avis de la HAS (art. 54)
  • sages-femmes : les sages-femmes (comme les médecins et les chirurgiens-dentistes) doivent désormais prescrire des arrêts de travail d’une durée plafonnée à 1 mois, sauf apport de justificatif en lien avec des recommandations de la HAS. En cas de renouvellement, cette durée est portée à 2 mois (art. 81). Par ailleurs, un nouvel acte verra le jour : une consultation longue prise en charge par l’assurance maladie pour les femmes âgées de 45 à 65 ans. Elle permettra de repérer les éventuels facteurs de risques au moment de la ménopause. Le tarif de cette consultation sera fixé dans la convention (art. 64). Enfin, les sages-femmes libérales peuvent désormais s’approvisionner en vaccins et les détenir en vue de leur administration. La liste des vaccins et leur conditions de conservation seront fixés par décret en Conseil d’Etat (art. 55).

… et les infirmiers…

Les nouveaux textes législatifs et réglementaires de la fin d’année 2025 concernent particulièrement les infirmières et infirmiers. Ils permettent d’avoir de grands espoirs, mais aussi de vives inquiétudes.

Ainsi, tout d’abord, le décret relatif aux activités et compétences de la profession d’infirmier :

  • redéfinit les champs d’intervention des actes et soins infirmiers. Ceux-ci peuvent être « de nature préventive, éducative, curative, palliative, relationnelle ou destinés à la surveillance clinique »
  • reconnaît explicitement le « diagnostic infirmier » et définit la « consultation infirmière »
  • affirme l’autonomie professionnelle des infirmiers. Ainsi, « dans le cadre de son exercice », l’infirmier peut établir des prescriptions infirmières de produits de santé et d’examens complémentaires. Dans le cadre de son rôle propre, il peut « prendre en charge directement des patients ».

Pour autant, ce décret ne constitue qu’une première étape. Sa mise en application reste conditionnée :

  • à la publication au plus tard le 30 juin 2026 des arrêtés d’application : l’un sur les actes et soins relevant du rôle propre infirmier, l’autre sur la prescription infirmière.
  • mais aussi à la lourde question de la rémunération qui doit être en adéquation avec les nouvelles compétences et responsabilités énoncées. Et ce, aussi bien en structure qu’en libéral !

On notera que, pendant cette même fin décembre 2025, l’article 55 de la LFSS 2026 a accordé aux Idels la possibilité de détenir des vaccins dans leur cabinet en vue de leur administration. Un décret en Conseil d’Etat apportera des précisions.

Reste que toutes ces bonnes nouvelles de fin d’année pour les infirmières et infirmiers libéraux ne font pas oublier d’autres dispositions, plus anxiogènes.

… Mais aussi de vraies inquiétudes !

En effet, le 24 décembre 2025, a également vu la publication de l’arrêté relatif à « l’innovation OSYS » (Orientation dans le SYstème de Soins). Lancée en 2021 en Bretagne, cette dernière intègre les pharmaciens d’officine dans les soins de premier recours en leur permettant de prendre en charge en toute autonomie les patients qui en sont atteints.

Avec cet arrêté, les pharmaciens ont la possibilité depuis ce 1er janvier 2026 d’orienter et de prendre en charge en toute autonomie les patients présentant des plaies simples, piqûres de tique, conjonctivite et brûlures au premier degré. Ils pouvaient déjà le faire pour l’angine et la cystite. Et comme si ceci ne suffisait pas à inquiéter les Idels, la LFSS pour 2026 en a rajouté une couche ! Son article 63 permet, en effet, de doter les pharmaciens d’une nouvelle mission : celle de « contribuer à l’évaluation et à la prise en charge de situations cliniques ». Un arrêté en précisera le contour.

A noter : l’article 63 définit aussi le futur « Réseau France Santé ». Ce dernier reposera sur la labellisation de maisons et centres de santé, cabinets de groupe, hôpitaux de proximité), avec un financement assuré par Accord Conventionnel Interprofessionnel ou Fonds d’Intervention Régionaux. Le soutien des CPTS au réseau France Santé fera l’objet de négociations conventionnelles.

L’Assurance Maladie qui décide, seule, des tarifs des actes ? Oui, c’est devenu possible !

La vraie source d’inquiétude de l’ensemble des soignants libéraux provient des articles 77 et 78 de la Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2026. Ces derniers prévoient :

  • l’adaptation à tout moment des nomenclatures à la demande de l’Assurance Maladie ou des Ministres de la Santé et de la Sécurité Sociale (adaptation de la hiérarchisation des actes ou, même carrément, suppression d’un acte ou d’une prestation)
  • l’obligation pour les syndicats représentatifs et l’Assurance Maladie de négocier avant le 31 décembre de chaque année, un avenant à la convention pour fixer les tarifs des actes et prestations ayant fait l’objet d’une adaptation
  • et, enfin, le droit pour l’Assurance Maladie de fixer de façon unilatérale les tarifs des actes et prestations en cas d’absence d’accord conventionnel dans les 6 mois.

À lire aussi

Facturation électronique : une réforme majeure à préparer sans paniquer !
Facturation électronique : une réforme majeure à préparer sans paniquer !

La facturation électronique et le e-reporting à l’administration fiscale s’appliqueront, en partie, dès ce...

Centrale d’achat Dynabuy : les adhérents Angiil feront davantage d’économies !
Centrale d’achat Dynabuy : les adhérents Angiil feront davantage d’économies !

Adhérer à l’Angiil permettait déjà de bénéficier de nombreux tarifs préférentiels. Et, donc, de...